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Manifestation littéraire "Temps Livre " à Aizenay

Date: 
Vendredi 08 Octobre 2010, 14h00 - Dimanche 10 Octobre 2010, 20h00

 
La tournée du livre "Projection Privées" de Zoé Chantre et Alexandra Pianelli continue, après la Librairie Ciné-Reflets à Paris et l'Université de Milan. Les artistes feront un repas/conférence/projection et parleront de leur rencontre avec l'association Autour de la Terre dans le cadre d'une résidence au Centre des Rives. 
Le livre édité par nos "Editions des Rives Dangereuses" est disponible dans les soirées de l'association et dans des librairies d'art et de cinéma.
 

Une rencontre cinématographique, atypique, poétique et champêtre!

Ce carnet retrace l’aventure "Projections Privées" réalisée dans le canton d’Auberive (Haute-Marne) entre 2006 et 2008. Un projet simple : provoquer des rencontres dans un contexte rural, à faible densité démographique, à partir d’un jeu de rôle bien particulier. Il s’agit d’inventer des « cinémas d’un jour » chez les habitants de différents villages.

Dans Projections Privées, le prétexte de rencontre est l’installation d’un dispositif de projection chez l’habitant : l’espace privé (la maison) devient le cinéma, et son propriétaire devient l’exploitant.
Les auteures, Zoé Chantre et Alexandra Pianelli, racontent : “Nous sommes les conseillères de programmation, les projectionnistes et les animatrices du débat et les chroniqueuses de l’aventure.”
Ces deux artistes, diplômées de l’ESAD de Strasbourg en 2007, inventent des prétextes de rencontres fertiles pour questionner leur regard sur l’Autre. Ensemble, elles mènent des enquêtes, récoltent des témoignages et construisent des oeuvres à mi-chemin entre le documentaire et l’essai autobiographique.
Leur livre “Confidence de boutons” fût le premier fruit de leur collaboration (éd. ESAD-Stg et CANDIDE 2006).
Elles ont ensuite réalisé une série de correspondances vidéo. Les différents aspects de leur démarche questionnent notre relation au quotidien, leurs histoires deviennent les nôtres et se délient en souplesse sous forme de “machines à raconter”, livres ou films.
En lien avec Alain Cavalier, elles ont entamé une réflexion sur l’importance du Journal Filmé dans l’écriture audiovisuelle contemporaine.
 
Les mille NOTE D’INTENTION (EXTRAIT)

Samedi 18 octobre 2008

« On aurait voulu dire mille choses, expliquer les mille chemins arpentés, décrire les mille détails rencontrés, dire l’exaltation, les déceptions aussi, raconter comment le cinéma traverse tous les…
– Ça ne marche pas.
– Quoi ?
- Je dis que ça ne marche pas, là, tout ça, mettre dans un livre tous les mille trucs, il manque l’anecdote. Tu sais, Solange, son texte, tu te souviens… il manque quelque chose… je ne sais pas… une transition… Et l’autre texte, celui sur Amalia, il est creux, on ne voit pas que c’était un vrai décor de cinéma. Il faudrait qu’on voie les objets, la cafetière, l’arrosoir… Dans une rencontre, l’important c’était l’histoire ; dans une autre, la dispute, ou encore le goût de la tisane et l’aboiement du chien ; je vois encore les draperies du château, là le village qui transparaît autour de la table, le personnage sorti d’un film, les glaces, et l’histoire de la vie, et le souvenir qui remonte à la surface, et comment les fleurs étaient disposées… Mais ce n’est pas tout à fait ça non plus. Tu vois, chez Anne, c’était une autre chose encore, quelque chose de l’ordre de l’atmosphère…
– Atmosphère, atmosphère ?
– Oui, moque-toi. Mais comment faire avec l’atmosphère ?
Et puis comment parler des films dont on ne peut pas parler, puisque, je le rappelle, ce sont des projections privées. Enfin, privées, secrètes, des projections dans le salon de madame-tout-le-monde si fabuleuse, de monsieur-tout-le-monde si étrange, voire chez les demoiselles-tout-le-monde si singulières … Bref, pas privées de public, en tout cas. Mais le public a quitté le salon de cinéma, la salle est vide, il ne reste que les bribes qui affleurent dans les mémoires et ne se laissent pas prendre si aisément. Et puis et puis. Voilà. »

 
“Un beau voyage sur une route entre terre et envers, où mille images croisent milles mirettes, où le sacré croit dans les petits riens, où le mot évoque le toucher, où le drap sent la lumière du projecteur, où le fumet de la tisane délie les langues..."
Camille Desoeuvre, Librairie Ciné Reflet