Résumé de l’étude sociologique de Thibault Patin sur l’homme et la forêt

Les interactions entre l’homme et la forêt

Résumé de l’enquête sociologique effectuée par Thibault Patin

« La forêt, un lieu unique de vie ?

Les interactions entre l’homme et la forêt

Résumé de l’enquête sociologique effectuée par Thibault Patin

« La forêt, un lieu unique de vie ?

Enquête exploratoire entre Champagne et Bourgogne »

(mémoire de Master 2 recherche en sociologie – mai 2011)

Notre vision du monde étant influencée par les territoires que nous habitons,  Thibault Patin, étudiant – chercheur en sociologie à l’université de Grenoble, est venu étudier le territoire du futur Parc National « entre Champagne et Bourgogne ».

 

Il s’est pour cela entretenu avec des habitants de deux villages, Arbot en Haute-Marne, et Courban en Côte d’Or, et leur a soumis des photos qu’il a prises sur place pour recueillir leur point de vue.

 

Ce territoire, quoiqu’apparemment peu porteur d’une identité, puisqu’en périphérie de deux régions, est finalement assez homogène, avec un couvert forestier supérieur à 50 % et une faible densité démographique, qui ne cesse de diminuer depuis plusieurs siècles, puisqu’on y rencontrait jusqu’au XIXe siècle une activité sidérurgique importante. 

 

Ce qui est ressorti des entretiens avec les habitants est d’une part une comparaison systématique à la vie citadine, vue comme un « référent négatif » : on observe un certain « renversement de vision par rapport à la période de l’exode rural ». Les habitants de ces territoires apprécient la tranquillité et les ressources matérielles que procure la forêt. Cependant, cette tranquillité est vue comme une « mort sociale » en hiver, en raison de l’isolement géographique, d’autant plus que la chasse empêche les balades en forêt.

 

Les « ressources » de la forêt sont tant matérielles (champignons, bois, gibier) qu’immatérielles (« lieu reposant et régénérateur », convivialité apportée par la chasse ou les promenades en famille). Loin d’être un espace sauvage, elle est appréciée quand elle est « propre et bien entretenue », comme un « jardin collectif », qu’il faut respecter et ne pas trop prélever en quelque sorte ! De même, chez les animaux, on distingue « les bons et les mauvais sauvages », nuisibles lorsqu’ils ne se comportent pas comme on le souhaiterait.

Les espaces boisés, les haies sont signe de vitalité, contrairement aux plaines céréalières, vues comme des « lieux de production sans vie ». Ils offrent une « prise au regard » et permettent la vie des animaux. « Beauté et vitalité iraient donc de pair ».

 

Ainsi, le déboisement est mal vécu, ce qui illustre « l’humanisation des arbres ». La nature, « corps non-organique de l’humain», est élaborée en continu par l’homme, ce qui fait dire au sociologue que le rapport à la nature est « un rapport de l’homme à l’homme ». Cela rend illusoire la redécouverte de « la nature d’avant l’homme ». Entretenir la forêt est, comme pour un jardin, un « moyen de nous assurer de notre humanité, en agissant sur le sauvage ».

 

La forêt a une « force vitaliste », c’est « une entité agissante, comme une personne ». Dans ce contexte, le Parc National sera un « nouvel élément du milieu » social, d’où le risque d’un sentiment d’« intrusion » pour les habitants de ce territoire.

 

Cette étude est une réflexion introductive à un travail plus ample de recherche qui aura pour but de répondre à la question du rôle de la forêt sur ce milieu social dans ce territoire qu’est le futur Parc National « Entre Champagne et Bourgogne », en recueillant davantage de témoignages et en étudiant les conditions de création d’autres parcs nationaux.

 

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